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 Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]

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MessageSujet: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Lun 3 Juil - 14:39

Ca ne faisait que quelques jours que Thomas avait quitté le camps, et on pouvait dire qu'il n'était vraiment pas tranquille. Ses nuits étaient courtes, elles n'avaient jamais été longues mais le moindre bruit le réveillait. Il était certain de sa décision pourtant. Mais l'ancien militaire n'avait aucune velléité à retourner auprès de ses anciens collègues soldats aux ordres d'une armée maintenant toute puissante. C'était dangereux pour de nombreuses raisons qu'il n'avait que trop souvent vues. Et pour la population, et pour lui. Ho, ils avaient dû être furieux en constatant son départ. Certains de ses camarades l'auraient bien suivi mais pensaient sans doute leur chance de survie supérieur en restant. Ou avaient un peu trop peur des représailles qui attendaient un déserteur. Même s'ils avaient déserté pour une noble cause, comme lui. Et puis il y avait ceux qui étaient juste contents de pouvoir se défouler sur qui ils voulaient. Thomas avait quelques noms en tête, de façon assez prévisible.

Il arriva au tournant d'une ruelle et toujours un peu baissé, sur ses appuis pliés pour être moins remarquable facilement malgré sa taille, il traversa un croisement pour s'engager dans une ruelle. Il n'avait pas encore d'idée précise sur sa destination mais son but premier était de trouver des vivres, pour pousser un peu plus loin jusqu'à la prochaine ville. Il entendit alors des voies plaintives qui n'annonçaient rien de bon.qui lui glacaient le sang. Il savait pertinemment ce qu'elles signifiaient au fond de lui, qu'il n'y avait rien qu'il puisse faire une fois que ce genre de voix sortait de la bouche de quelqu'un. Malgré tout, Thomas était incapable de tourner les talons. Il se dirigea vers la source tout en sachant le spectacle qui l'attendait. C'était pire, encore. La personne prise au piège par plusieurs de ces monstres n'était pas seule. C'était un homme, avec deux enfants. Les siens, peut être. Plus maintenant. Leur nuque était ouverte et déchiquetées, un des morts vivants avait déjà attaqué la jambe du jeune garçon qui s'éteignait en pleurant. Les cris de la gamine s'étaient tus aussi, ne restait que leur père -c'était ecident- qui laissait entendre son désespoir. Il portait déjà plusieurs marques sur lui, et n'avait sans doute plus de velléité de survivre, la raison qui aurait pu le pousser à fuir ceux qui finissaient leur repas sur lui gisait à ses pieds. Thomas croisa son regard avant qu'il se fasse engloutir. Il se voyait en lui. Il n'avait jamais eu de gosses. Il aurait adoré, mais s'évertuait à fuir les potentielles possibilités. Il avait ses élèves. C'était un peu comme ses gamins. Combien d'entre eux avaient fini comme ça...

Sans s'en apercevoir, son coeur s'était mis à battre beaucoup plus fort et plus vite. Ses yeux étaient rivés sur le spectacle et le temps qu'il réalise et qu'il tente de se battre contre les changements qui s'opèraient, il était trop tard. Il n'avait pas une fois pu s'arrêter. Mais il n'y avait personne dans les alentours qu'il puisse encore blesser, alors Thomas laissa libre court à sa rage. La transformation était douloureuse, mais à vrai dire il n'était déjà plus vraiment lui même, et le loup, lui, avait l'air de s'en foutre royalement d'avoir mal ou pas. Il voulait juste déchirer. Mordre, détruire ces êtres qui avaient pris tant à tout le monde. Même si Thomas l'homme savait que c'était vain et qu'ils n'y étaient pour rien, la bête qu'il devenait n'en avait rien à faire. Trop de choses enfouies, trop de violence retenue. Il en fit valdinguer plusieurs de ses bras devenus énormes et griffus. Il avait séparé celui qui s'était attaqué au garçon et lui avait arraché la tête. Il les mis en pièce, recevant de nombreuses retaliations, s'en fichant, jusqu'à ce qu'un bruit derrière lui l'interrompe. Il se retourna pour voir un homme à l'entrée de la ruelle. Il ne faisait pas la différence entre les rôdeurs qui ne bougeaient plus tellement, et celui, bien vivant, qui se tenait là. Ce serait le suivant, jusqu'à ce qu'il tombe.
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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Dim 23 Juil - 1:05

Les temps avaient changé. Les rues aussi. Mais les bonnes vieilles habitudes et surtout les mauvaises avaient la peau dure. Et parfois, certaines ressurgissaient. Comme l'envie de faire un tour en moto à la nuit tombée, après quelques gorgées. La ville n'était plus la même bien sûr, les petites villes qu'il traversait ces derniers jours n'avaient rien de la densité de Londres. Et à présent, rouler signifiait surtout slalomer entre les obstacles qui jonchaient les routes et les zombies qui erraient parfois sur le bitume. Même à faible allure, il ne les craignait pas vraiment. Ils étaient facilement attirés par le bruit de l'engin mais tout aussi facilement semés. Malgré tout, ça lui faisait du bien. Surtout de pouvoir pousser un peu l'allure lorsque certaines lignes droites le lui permettaient. Ça faisait oublier tout le reste. La solitude, le monde qui courait à sa perte, les chances qui se réduisaient jour après jour de retrouver d'anciennes connaissances ou même simplement l'une ou l'autre personne avec qui faire un petit bout de chemin.

Il roula un moment, sans vraiment savoir où il allait. De temps à autre, sa mutation s'éveillait et faisait vriller ses oreilles, sans qu'il reconnaisse quoi que ça soit. Il n'en comprenait pas vraiment les tenants et aboutissants. Il lui semblait que parfois, ça s'éveillait comme un genre de radar, lorsqu'il approchait des connaissances. Et parfois aussi, ça s'éveillait pour rien. Comme une putain de machine discount, à moitié déréglée. Là, ça lui faisait juste mal au crâne. Suffisamment pour qu'il décide de s'arrêter un peu. C'était assez calme ici. Enfin ça le semblait. Il trouverait bien un appartement où passer un bout de nuit. Le brun arrêta le moteur et, comme à son habitude, recouvrit sa moto de décombres et autres débris qui parsemaient la rue. Hors de question de se faire voler son bien le plus précieux. Il chopa la bouteille dans son coffre et s'apprêtait à faire le tour des immeubles lorsque des cris l'interpellèrent. Et si c'était ça, qui lui démontait les oreilles ? Quelqu'un qu'il connaissait ? Ca semblait pourtant être des cris de mômes mais... il ne réfléchit pas des plombes avant de se diriger vers la source du bruit. Il était déjà loin d'être en paix avec sa conscience mais.. il savait qu'il ne dormirait que plus mal s'il n'allait pas voir pour en avoir le coeur net. Même si les chances lui semblaient faibles...

A tout hasard, il glissa la bouteille dans son sac à dos avant de s'approcher. Histoire d'être en état de riposter ou de fuir. Et prit dans sa main son couteau de poche. Il n'eût le temps que de faire quelques pas avant que les cris ne se taisent, soudainement. Changés par quelques bruits un peu moins ragoutants. C'était souvent comme ça. Brutal. Un dernier cri, les victimes suffoquaient... et puis plus rien. Plus d'une fois, il avait assisté à ces scènes, de près ou de loin. Songeant que d'en voir le résultat n'en valait pas le coup, Ulysse s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'un autre bruit l'intrigua. Ca, c'était plus inhabituel. Un genre de ... grognement ? Et d'autres choses, plus violentes. Inconnues. Il tendit l'oreille, sans s'approcher pour autant, jusqu'à ce que la source du bruit semble se rapprocher. Le temps de réagir, il aperçu, à la lueur de la lune, une bête immense dont la silhouette vaguement humanoïde ne disait rien de bon.

Ni une, ni deux, la course commença, Ulysse se tourna et prit ses jambes à son cou. Les bruits de pas de course derrière lui lui donnèrent raison. Et .. se rapprochèrent... un peu trop. Putain de merde. Au dernier moment, il fit volte face pour tenter de déséquilibrer la créature. Merde.. C'était quoi cette chose ? D'abord les zombies, maintenant ça ? Le monde avait décidé de se peupler des créatures les plus random et romancées de la littérature fantastique ? Enfin.. il n'était pas trop en état de poser des questions là. Plus en train de se demander comment sauver ses fesses. Il parvint à donner un coup à la créature mais se prit un bon coup de griffe en retour. Qui le fit hurler. Avant qu'il ne plante son couteau dans la jambe.. patte arrière de la bête, essayant de se défaire de son étreinte.


"Lâche-moi, connard de ... rha ! Va bouffer des zombies putain."

Il n'avait pas échappé aux zombies jusqu'à là pour se retrouver bouffé par une bestiole de films pour ados. Hors de question.

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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Dim 23 Juil - 18:06

La colère... La tristesse... Une sorte de vengeance, c'était là les seules émotions dont Thomas était capable à présent. La colère, surtout. Ce n'était pas par faim qu'il était en train de dévorer, d'avantage déchirer les corps des zombies présents. Dans le lot, il y avait les enfants. Il s'en voudrait plus tard. Au point d'en vomir peut être. Pour le moment rien ne venait entraver tout ça, pas une once d'humanité ou de self contrôle ou de regret en tout cas. C'était toujours comme ça au début... La colère, et puis l'instinct. Quand il avait entendu le bruit dans la ruelle, il n'avait pas "pensé" ni du coup remarqué qu'il s'agissait d'un être humain. Thomas, du moins le loup en lui, associait tout ce qui bouge à quelque chose de nocif et attaquait. Enfin, courait après en tout cas. Cette proie avait des jambes et elles courrait plus vite que les autres ! Ni une ni deux, il pris le départ dans sa direction. Il n'y avait plus âme qui vive dans la ruelle de toute façon. La Bête dirigeait son attention vers la grosse souris qui s'échappait et la course commença.

Après quelques coups de crocs et griffes dans le vide, il aperçu l'autre se retourner vers lui et, incapable de maîtriser son élan, se retrouva projeté par l'autre qui tombait à terre, de l'autre côté dans les poubelles. Finir dans le décors n'empêchait pas le loup gigantesque de revenir sur ses pattes rapidement et à la charge, atterrissant au dessus de lui, grognant de plus belle. Un coup de griffe contre un coup de canif, Thomas la Bête laissa entendre un piaillement et de nouveaux grognements au dessus de sa victime, il enfonça ses crocs dans son épaule. Il la tenait avec une patte avant au sol et ne la lâchait pas, malgré la douleur. Elle était sourde, entretenait sa colère plus qu'autre chose elle n'avait pas d'importance. Il avait tellement mal ailleurs... Les dents plantées, plongeant ses yeux dans les siens les babines retroussées, il entendait ce que l'autre disait, sans vraiment "entendre". Son cerveau ne faisait plus les mêmes connections, celles qui auraient permis d'identifier l'autre comme un humain. Par contre, son odeur, son sang, quelque chose était différent. Le couteau toujours planté lançait une douleur aiguë qui l'aveuglait. Mais ces détails là, le goût du sang d'un humain pas encore transformé, c'est ce qui le ramena à lui. Une victime qu'on pouvait encore sauver. Et il était en train de... Une sorte de douleur, semblable à une migraine, frappa son crâne comme il réalisait l'erreur qu'il était en train de commettre. Il le lâcha, reculant difficilement, luttant contre la Bête toujours en colère en lui. Il poussa un cri presque humain. Puis ses forces et sa volonté commencèrent à revenir. Puis son apparence commença à changer.

Un peu plus tard, Thomas était à nouveau un homme, dans des lambeaux de vêtements, à genoux sur le sol face à ce qu'il venait de faire. Ses yeux étaient les derniers à revenir à la normale, et c'est avrc ceux ci qu'il contempla le désastre.

« Oh non... J'ai... »

Sa voix était rauque et da gorge douloureuse mais pas de doute, c'était un goût feral de sang qui la maculait. Il portait maintenant une expression de totale culpabilité et horreur face à ce qu'il venait de faire. Le souvenir des enfants avant sa transformation était le dernier qui lui restait, le reste, trop flou, ne lui apportait aucune information.

« Qu'est-ce que j'ai fait... Vous allez bien ? »

Dans le sens, est-ce qu'il allait vivre ? Est-ce qu'il n'allait pas se transformer en monstre comme lui ? Thomas tenta de se relever pour aller l'aider, sans y parvenir. Il avait un couteau planté dans la cuisse, et il venait seulement de réaliser.
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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Sam 5 Aoû - 21:35

La rage du désespoir. Il n'en fallait pas moins pour se sortir d'une telle situation. Se battre contre un homme, aussi bon combattant qu'il soit et aussi déséquilibré que puissent être les armes, c'était encore dans ses cordes. Mais contre une telle créature... Avait-il la moindre chance de s'en sortir vivant si elle le prenait pour cible ? Mieux valait-il encore ne pas se poser la question, sans doute. La réponse ne serait pas belle à entendre. Il se battit comme il le pouvait. Encaissant coups, morsures, griffures, rendant de toutes ses forces ce qui l'atteignait. Il grogna encore, dans le vide, comme si ça pouvait changer quelque chose. Lorsque ses dents n'étaient pas occupées à tenter de mordre l'adversaire. Il parvint à se coincer des poils entre les dents plus qu'autre chose. Cette chose, quoi que ça soit, avait la peau sacrément épaisse. Seul son couteau parvint à la traverser. Sa tête se mit à le faire souffrir. Il ne tiendrait pas longtemps un combat aussi inégal. Alors il allait finir comme ça ? Bouffé par un machin sorti d'on ne sait-où, au lieu de faire comme tout le monde et rejoindre la zombie walk ? La vie, c'était vraiment de la merde.

Et puis sans prévenir, l'homme le lâcha. Retournant la situation. Il pouvait prendre le dessus. L'attaquer. Mais... à ce stade, il n'avait plus qu'une seule idée en tête, prendre ses jambes à son cou et sauver sa peau, ou ce qu'il en restait. Sauf que... ses jambes ne semblaient pas totalement aptes à cette tâche. Ulysse tenta de se relever mais la douleur était trop vive. Elle lui arracha un cri aigu alors qu'il retombait. Il ne put qu'assister au spectacle. Médusé. Il se recula jusqu'à cogner contre le pied d'un escalier alors que ses yeux ne pouvaient lâcher la bête du regard. Hypnotisé. Il la vit se métamorphoser sans vraiment y croire, passer de chose à .. homme. Est-ce qu'il hallucinait ? Son cerveau lui jouait des tours ? Tétanisé, il tenta de se reculer un peu plus, en vain, lorsque l'homme s'approcha de lui. Et se mit à parler. Alors c'était réellement un homme ? Nu, couvert de sang et de lambeaux.. s'il n'avait pas déjà été terrifié, il se serait probablement mis à flipper un peu.

" Bien ? J'ai l'air d'aller bien ?"

Il mit un moment à rétorquer, trop estomaqué pour parvenir à articuler quoi que ça soit, même les mots les plus simples. Ce type... ou cette chose venait de tenter de le déchiqueter et maintenant il lui demandait ça ?

"Non, ça va pas. J'suis infoutu de marcher et j'ai la moitié du corps en sang... C'est quoi votre problème ? Vous êtes quoi ? Un putain de mutant qui a décidé de s'en prendre aux quelques connards encore en vie ?"


Il inspira plusieurs fois, tentant de se calmer alors que, doucement, la peur laissait place à la douleur vive des multiples plaies qui parsemaient son corps. Putain. Ses énormes griffes l'avaient pas loupé. Si elles étaient crades, c'était l'infection assurée. L'autre non plus n'avait pas l'air au meilleur de sa forme. Son couteau était encore planté dans sa cuisse. Mais pour l'instant, il avait des choses bien plus urgentes en tête que de se préoccuper de l'état de santé du mec qui avait failli le tuer. Pourvu qu'il n'ait pas attiré de horde. Manquerait plus que ça. Vu leurs états respectifs, ils ne résisteraient pas bien longtemps. Rassemblant ses forces, il tenta de se rapprocher de l'homme. Rampant plus qu'il ne marchait. Il s'arrêta à ses côtés et, après un regard froid, chopa son couteau, toujours planté dans la cuisse de l'autre et tira d'un coup sec. Ça allait faire mal. En prévention, il avait gardé une distance aussi respectable que possible. Mais c'était comme les piqûres, ça faisait toujours moins mal quand on disait rien. Et puis fallait bien passer par là...

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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Lun 7 Aoû - 11:09

Les premières fois, il n'avait eu aucun souvenir des heures passées. Il s'était réveillé, nu ou presque, à des kilomètres du lieu dont il se souvenait en dernier. Ca avait été compliqué d'expliquer ça à son régiment. Heureusement, lorsqu'ils avaient voyagés, il n'avait pas eu d'incidents. Et puis, petit à petit, il avait eu des bribes de souvenirs. Flous, piresque les rêves qui nous échappent lorsqu'on se réveille alors qu'on vient à peine de les faire, impossible de mettre la main sur les événements, mais ayant malgré tout... Il venait d'attaquer ce pauvre type. Il se souvenait d'avoir été dangereusement près de son visage. Thomas se souvenait vaguement de ses cris. Et puis la course. Et la douleur. Il baissa à nouveau les yeux stupidement, vers le couteau enfoncé dans sa cuisse, ne se souvenant pas exactement à quel moment il s'était retrouvé là. Il n'allait pas pouvoir se lever tout de suite mais même sans, c'était toujours difficile de se remettre à marcher, tant il était privé de ses forces. Peut être par la transformation, mais aussi comme quand la colère et les émotions violentes qui vous animait vous quittait d'un coup après vous avoir vidé.

« Je... C'est le pathogène qui a déclenché quelque chose comme ça... Je n'aurais jamais cherché à... »

Mais il se tut en le voyant approcher. La colère d'un homme, il ne connaissait que trop bien. C'était sans doute parce qu'il repoussait la sienne au fond, loin au fond de lui qu'elle explosait aussi violemment. C'était pareil quand il était jeune, à l'armée. Il se tenait droit et fort, un roc pour permettre à ses camarades de compter sur lui, mais pour mieux s'effondrer. Ca lui avait valu le pire craquage du siècle avant qu'il ne quitte l'armée... L'autre était arrivé à sa hauteur. Et en le regardant dans les yeux, il se demanda un moment s'il l'arrêterait si jamais il tentait de le tuer. Toutes ces vies qu'il avait prises, directement et indirectement, et pas seulement depuis que le virus avait transformer le Monde en un champs de bataille géant. Il serait bien temps un jour qu'il en paie le prix. Mais Thomas pensait encore qu'il pouvait être plus utile vivant, alors non, il n'était pas prêt. Mais il ne lisait pas ça chez l'autre, et il avait eu raison. Ca ne l'empêcha pas de pousser un grognement et un cri entre ses dents quand il retira la lame qu'il avait plantée. Des lambeaux qui constituaient son jean et son T shirt maintenant, Thomas appliqua un bandage sur et autour de la plaie. Il avait par miracle évité l'artère vitale, mais ça pissait le sang quand même. De quoi lui donner des étourdissements. Il n'était pas mort de faim pourtant, et ça ne voulait dire qu'une chose, il préférait ne pas s'attarder dessus, mais son visage montrait des traits douloureux et torturés. Après quelques instants, il reprit ses esprits et revint à l'inconnu.

« Si vous avez un endroit moins exposé... Je peux m'occuper des vôtres. »

Il proposa, en désignant le torse et l'épaule qu'il avait malmenés. C'était dur de les voir, sachant qu'il en était responsable, mais le mieux à faire c'était de prendre ses responsabilités non ? Il parvint après quelques efforts à tenir debout.

« Je m'appelle Thomas. J'ai de bonnes notions de secourisme... Quand je ne suis pas en train d'en causer d'avantage. »

Sa voix était toujours un peu rauque et sa gorge sèche, mais ses forces lui revenaient doucement. Il pourrait marcher. En boitant certes, mais il valait mieux partir d'ici vu le boucan qu'il avait fait, on les aurait forcément entendus. Il se tourna dans la direction de la ruelle où tout avait commencé. Il repensa à ces enfants et au père qui avait tenté de les protéger. Puis serra ses poings et tourna la tête définitivement.
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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Lun 28 Aoû - 19:53

Finalement, l'instinct, ça trompait assez rarement. Là, son instinct lui disait que cet homme pensait réellement ce qu'il était en train de dire. Ulysse n'était pas du genre à faire confiance facilement, plutôt l'inverse. Et depuis le début de tout ça, c'était pire encore. Et pourtant, il n'avait jamais dû faire autant confiance à des inconnus et des gens difficiles à cerner que depuis le début de tout ça, justement.

Face à ce type là, ce n'étaient pas les choix qui l'étouffaient. Vu la puissance qu'il avait dégagée un peu plus tôt, de toute manière, s'il voulait finir le travail qu'il avait entamé il le ferait sans grand mal. Et dans son état, Ulysse n'était plus vraiment à même de fuir. Ou alors en rampant. Jetant un coup d'oeil rapide, il repéra un soupirail un peu plus loin, dans lequel il pourrait s'engouffrer si les choses tournaient soudainement mal. Au cas où... La bête ne pourrait probablement pas le suivre là. Mais en attendant... Ulysse fronça les sourcils en tentant de voir l'étendue de ses blessures. L'autre ne l'avait pas loupé. Il le regarda se faire son bandage, grimaçant sous la douleur. Il était encore loin de culpabiliser pour ce coup de couteau. Ce n'était que de la légitime défense, un petit coup rendu pour tout ce qu'il avait reçu. Il n'avait rien demandé, merde ! Et fallait encore que l'autre s'en sorte mieux que lui.

"Ca dépend ce que vous appelez "s'en occuper""


Grogna-t-il un peu méfiant. Non parce que si c'était pour les amocher encore plus, il était bien capable de se faire ça tout seul en laissant les choses s'infecter. Il l'avait déjà vécu.

"Là bas... on devrait pouvoir entrer."


Il désigna un fond de commerce dont l'affiche "à louer" était depuis longtemps arrachée. Juste au dessus du soupirail repéré à peine plus tôt. On n'est jamais trop prudent...

"Je préférerais qu'on en reste au secourisme cette fois, Thomas."


Bon, c'était peut-être pas le moment d'énerver l'autre davantage. Mais c'était trop évident pour ne pas faire ce genre de remarque. Il émit quelques grognements en se redressant, se rendant compte des douleurs vives qui parcouraient son corps. Dans la course, il avait dû se démettre ou se fouler un truc. En tout cas, il peinait à marcher. Tant bien que mal, il se traîna vers le local commercial, dont le verrou de la grille avait déjà été fracturé. Il la souleva, non sans peine, et s'accrocha à moitié à l'autre homme pour ne pas tomber. Heureusement qu'ils n'étaient pas suivis, ils auraient bien du mal l'un comme l'autre à s'en tirer cette fois-ci. Ulysse se baissa un peu pour se glisser à l'intérieur et s'affaler à même le sol.

"Moi c'est Lys."


Lâcha-t-il enfin, conscient qu'un minimum de sympathie malgré la situation aiderait sans doute l'autre à s'impliquer un peu plus. Il n'y avait pas de bruit. Le peu de lumière qui passait par la porte ne permettait pas de réellement voir ce qu'il se passait dans ce local. Mais y'avait peu de chances qu'il y ait des zombies coincés ici. Enfin il espérait...

En laissant échapper un cri étouffé de douleur, il attrapa son sac pour en sortir une bouteille de rhum. Un truc dégueulasse qu'il avait trouvé dans une épicerie mais au moins... il en but une rasade avant de tendre la bouteille à Thomas. Faute de vrai désinfectant, ce truc sentait tellement l'alcool de pharmacie qu'il ferait l'affaire.

"C'est souvent que vous déglinguez des mecs pour les rafistoler après ? Ou je suis un privilégié ?"

Demanda-t-il, pour ne pas laisser son cerveau se concentrer uniquement sur la douleur, plus que pour toute autre chose. Il gigota un peu pour se redresser et ôta sa veste et son t-shirt maculés de sang, pour laisser l'autre faire son œuvre. En espérant toutefois que la vue du sang ne ravive pas ses poussées sanguinaires. De toute façon, c'était pas comme s'il avait beaucoup d'autres choix que de lui faire confiance sur ce coup-là.

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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Jeu 31 Aoû - 14:47

Aux portes de son esprit, les cris des enfants qu'il était arrivé trop tard pour sauver, le regard désespéré de leur père, la culpabilité frappait. Thomas ignorait tant bien que mal ces derniers pour rester suffisamment d'attaque et se mettre à couvert, chose qui n'était pas si simple avec sa blessure et son corps endoloris d'avoir doublé de volume et d'avoir fait... Dieu seul savait quoi durant les minutes dont il ne se souvenait pas. Au regard de l'autre, lui semblait parfaitement s'en souvenir. Thomas était suffisamment mâture pour ne pas prendre sa méfiance et son ton personnellement. Il voyait aussi les dégâts qu'il avait causé et rognait ses lèvres en pensant à ce qui aurait pu arriver s'il n'avait pas été capable de se défendre et de le ramener à la réalité. Lys, puisque c'était son prénom, avait l'air d'être robuste dans son genre. Et pour lui avoir tenu tête ainsi et s'être si bien défendu, il ne devait pas être étranger à la violence. Peu l'était de nos jours, mais on n'acquiérait pas ce genre de force et de réflexe sans un minimum d'expérience. Ça le rassurait un peu. Qu'on puisse tenir tête à la bête qu'il était.


Il ferma le grillage derrière eux, non sans grogner de douleur lui aussi. Le reste ça n'était rien mais sa cuisse le faisait vraiment souffrir. Il avait pu soutenir l'autre un peu avant parce que des deux il avait le moins morflé, mais il ne tarda pas -après s'être assuré qu'il n'y aurait aucune prise de l'autre côté- à s'effondrer lui aussi contre le comptoir. Il observait les gestes de l'autre, gardant un silence de circonstance plus ou moins, le temps qu'ils reprennent leur souffle et que l'autre se rince le gosier en tout cas. Il avait l'air si ce n'était de lui faire confiance, au moins de ne plus se méfier autant, vu ce qu'il disait. Même si les mots qu'il employait firent tiquer Thomas visiblement. Il avait déjà l'air grave... La vérité, c'était qu'il n'en savait rien. Il n'en avait pas le souvenir en tout cas, la première fois il n'avait rien vu venir du tout et s'était retrouvé en plein milieu des bois. La deuxième il avait fait un massacre du côté des morts, mais comment savoir s'il s'en était arrêté à ça ? Et là cette fois, il avait eu la preuve que sous cette autre forme bestiale il n'était pas capable de différencier les ennemis des innocents. Finalement, rien n'avait tellement changé depuis la guerre. Il se renferma, mais se redressa et se mit à l'ouvrage malgré tout. Il avait perdu son sac en cours de route mais ses affaires n'étaient pas là. Il avait besoin de plus de bandages propres, peut être de quoi coudre, il aurait préféré ne pas.

« Non, je faisais juste mon jogging matinal et j'avais une petite faim. »

Il dit sur un ton complètement à côté de la plaque, en se relevant et en évitant la vue du torse déchiré pour le moment. Il y avait du bric à brac de partout, faute de Scotch il y avait du selophane de chantier noir, et de quoi faire des compresses une fois celles ci désinfectées avec le liquide que Lys venait d'ingurgiter. Thomas revint s'asseoir devant lui toujours perclus de douleur mais ne se sentant pas la légitimité de l'exprimer. Il commença par imbiber un des tissus et lentement nettoya la première plaie devant lui. Il avait demandé à l'autre d'appuyer sur celle de sa morsure le temps qu'il finisse là. Il s'appliquait, l'air toujours grave. Est-ce que ses morsures pourraient l'infecter ? S'il commençait à être fiévreux, alors... Mais il ne pouvait pas lui dire ça maintenant. L'homme gardait son calme et tentait d'appliquer ses soins aussi délicatement que possible.

« Je ne vous ai pas manqué... »

Il dit assez bas. Si l'autre n'avait pas au moins reculé pour éviter ça, il l'aurait presque éventré. C'était terrible de réaliser que c'était de son fait et qu'il n'avait pas pu l'empêcher. Sa main commença à trembler, Thomas se repris et elle finit par se calmer. Il nettoya abondamment les tissus qu'il utilisait et finit par en appliquer un en s'excusant pour la douleur qu'occasionait l'alcool, laissant l'autre décider quand il était près, depuis le début, il fixa enfin le tout avec le rouleau noir. Il y avait encore la morsure, que Thomas avait peur de regarder de peur qu'elle ne lui dise que c'était foutu pour sa victime.

« Je sais que ça ne change pas grand chose... Mais je suis vraiment désolé. »
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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Dim 3 Sep - 22:56

Bon, l'autre avait failli perdre sa jambe mais visiblement, son sarcasme était intact. Pas sûr que ça soit une si mauvaise nouvelle que ça. Même si Ulysse ne trouva rien de mieux que de grogner, pour toute réponse. C'était toujours moins chiant que s'il se mettait à se lamenter. Déjà que la situation n'avait rien d'agréable... Ulysse serra les dents en sentant le tissu imbibé contre sa chair à vif. De sa main, il plaquait de toutes ses forces l'autre tissu, se retenant de hurler sous la douleur. C'était pas la première fois qu'il était rafistolé plus que soigné, il n'avait que rarement eu la chance d'être pris en charge dans un hôpital et les combats de rue n'étaient pas rares mais... ce n'était pas fréquent qu'il soit si amoché que ça. Habituellement, il se prenait des coups, on ne lui mordait pas la chair pour la déchiqueter.

"Sans déconner, j'avais pas remarqué..."

Lâcha-t-il en retour à la remarque de l'autre. C'est qu'en plus d'être sarcastique, il avait l'air d'être perspicace le loup garou. Mais Ulysse avait besoin de ses soins. Il était capable de soigner des petits trucs tout seul, il se savait en suffisamment bonne forme physique pour récupérer de pleins de trucs mais pas des aussi grosses morsures, malgré tout..

Il essayait de détailler les gestes de l'autre, notant ses mouvements tremblotants, ses soins malgré tout assurés, grimaçant et se cambrant sous la douleur malgré tout. Il finit par choper son t-shirt pour le mordre, faisant signe à l'autre qu'il pouvait y aller pour ce qu'il lui restait à faire. Il n'était pas certain de parvenir à retenir ces cris-là et il était hors de question qu'il attire des zombies ici. Il n'était déjà pas bien vaillant, il ne parviendrait pas à s'enfuir suffisamment vite. Et puis il risquait de perdre l'autre et ses soins.

Les cris sortirent, étouffés, alors que l'autre continuait son travail. Il grelotait de douleur, sentant des gouttes de sueur s'accumuler dans le bas de son dos. Jusqu'à ce que l'autre recouvre le tout avec son scotch. Ulysse recracha la manche de son t-shirt et glissa au sol, couinant en sentant la blessure se détendre sous le pansement.

"Vous pouvez l'être."

Grommela-t-il d'abord. Difficile de ne pas être de mauvaise humeur et groggy après ce qu'il lui était arrivé. Il se redressa à nouveau en grimaçant, pour ne pas rester appuyé sur sa blessure.

"Si vous culpabilisez vraiment, vous feriez mieux de rester un peu pour apaiser votre conscience. Les plaies auront peut-être besoin de soins."


Lâcha-t-il encore. C'était pas dans ses habitudes de réclamer de la compagnie et il n'était pas sûr de tenir à celle de Thomas. Il n'était pas certain d'apprécier ses sarcasmes déplacés dans sa situation mais il était surtout certain qu'il ne saurait pas se défendre contre quoi que ce soit, dans l'immédiat. Et ça le ferait vraiment chier d'avoir subi tout ça et de crever finalement, laissant l'autre avec la conscience tranquille de l'avoir soigné tant bien que mal.

"Vous auriez pas un truc à manger ? Et puisqu'on va passer un peu de temps ensemble.. Thomas, et que j'ai trop mal pour m'endormir, j'ai le droit de savoir ce qui vous amène ici ? Et d'où vous venez ?"


Il se recula pour s'appuyer contre le muret et s'installer un peu mieux.

"J'peux commencer, si ça peut vous mettre à l'aise. Je viens de Londres. Enfin d'un peu partout. J'étais itinérant. Musicien de rue. Et j'suis toujours itinérant."


Il pointa du visage le manche de son ukulélé qui dépassait de son sac. Il continua un peu avant de laisser Thomas prendre le relai et l'écouta jusqu'à ce qu'il sente la douleur prendre petit à petit possession de lui. Les tremblements, calmes au début, se firent de plus en plus marqués. Son corps réagissait, c'était certain et ça n'évoquait rien de bon. Il attrapa sa veste après avoir enfilé son t-shirt à nouveau, frigorifié malgré les épaisseurs.

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MessageSujet: Re: Until they move no more [ Thomas - Ulysse ]   Ven 8 Sep - 23:35

Malgré la tension ambiante et la dureté du nouveau monde dans lequel ils vivaient tous et les atrocités qu'on pouvait y voir, Thomas trouvait l'homme qu'il était en train de rafistoler véritablement courageux. Il était bien placé pour savoir quelle genre de douleur pouvait le traverser en cet instant pour avoir été de l'autre côté du désinfectant, sa peau d'ailleurs nue à présent en portait encore les diverses marques. Mais il était ou plutôt avait été un soldat, il avait fini par endurer. Qu'est-ce que l'autre avait enduré pour accepter qu'il continue, ça... Ce n'était sans doute pas rien. Ce qui expliquait le caractère trempé et le fait qu'il n'était pas en train de pleurer ou supplier ou autre. Thomas ne dit rien avant d'avoir fini au moins en grande partie, mais il respectait ce type là. Il n'avait d'ailleurs rien contre son sarcasme acéré, qu'il ne prenait de toute façon pas personnellement sachant pertinemment que la douleur faisait dire et faire n'importe quoi à tout le monde. Bon, il y avait clairement une partie qui lui était dédiée pleinement mais à quoi bon s'attarder dessus. Il ne se pardonnait pas plus son geste. Sincères ou non il méritait ces mots et en avait bien d'autres à son propre égard.

Il eut bientôt fini et sécurisant la seconde blessure, il appliqua le stricte minimum sur lui même histoire d'en finir vite avant de glisser un peu plus loin de lui, épuisé moralement, toujours au trois quart dénudé. Contrairement à son colocataire, il semblait que son métabolisme se défendait autrement, peut être la part lupine qui jouait et le rendait un peu plus résistant, il n'en savait rien. Il voyait bien que son hôte se refroidissait et tremblait mais il lui semblait que ce dernier souhaitait observer quelques distances de sécurité par rapport à lui. Encore une fois, comment lui en vouloir. Il écoutait son discours et se relevait en s'accrochant aux meubles une nouvelle fois, profitant de son énergie restant pour aller bloquer leur entrée de façon plus solide. Personne ne relèverait ce rideau de fer facilement, à présent que des meubles appuyaient sur la poignée. Mais pour ce qui était des vivres et de la nourriture....

« J'ai faussé compagnie à d'anciens collègues sur la route qui menait ici... Ils ont établi leur camps un peu plus loin. On ne peut pas les manquer malgré leur style camouflage. »

Il dit d'abord doucement, presque prudemment. Il savait que beaucoup de monde portait une certaine aversion pour l'armée et ayant connu le diable de l'intérieur, il n'en était pas en reste. Il cherchait les étagères et placards en même temps, minimisant le bruit malgré tout. Il était tout sauf le genre bavard, encore moins à se dévoiler. Mais Lys essayait de tenir en entretenant une conversation, il semblait à Thomas que c'était le moins qu'il puisse faire compte tenu des circonstances.

« J'étais de la banlieue...Après quelques années dans l'armée. Prof d'histoire en collèges et lycée, jusqu'à récemment. »

Et ses gamins lui manquaient. Les parents les avaient retirés assez tôt et avaient préféré les garder près d'eux, ce qui avait dû être salutaire pour certains...Mais il n'aura jamais croisé leur route jusqu'à récemment.

« Écoutez, Lys... Tout ce que j'avais sur moi est tombé lorsque... Et quand la nuit va tomber, il va faire vraiment froid. »

Il le trouvait drôlement pâle, et ça ne lui plaisait pas du tout.

« Il y a une lucarne ici. Je vais sortir chercher de quoi tenir et demain je vous emmènerai là où je me suis établi. J'ai d'avantage de pansements et de quoi manger mais on n'ira nul part dans cet état. J'ai conscience que vous n'avez aucune bonne raison de me croire mais... C'est la seule solution que je vois. »

Il dit. Il avait beau avoir l'air toujours sombre et désolé, il était aussi décidé et sûr de cette décision. Sans ça il ne lui donnait pas beaucoup de chance... Il attendit malgré tout l'approbation partielle de l'autre, ou au moins qu'il reconnaisse que c'était le meilleur choix, que de le croire. Même si on ne pouvait pas vraiment appeler ça un choix. L'autre devait le savoir, même si Thomas décidait de sortir sans lui demander son avis il n'y avait rien qu'il puisse faire pour l'en empêcher. Il alla se hisser en gémissant sa douleur entre ses dents, par la lucarne qu'il avait aperçue un peu plus loin, et fit en sorte de masquer celle ci une fois de l'autre côté. Le seul couteau qu'avait l'autre ne l'aiderait pas beaucoup si des zombies venaient à rentrer.

***

Près d'une heure plus tard, il rentrait par le même chemin après s'être assuré que personne ne le suivait, et se déchargea de ce qu'il avait pu récolter avant de passer par le hublot. La lumière s'amenuisait considérablement et il avait eu du mal à trouver ce qu'il fallait mais au détour de plusieurs voitures et maisons il s'était emparé d'une couverture de survie, de vêtements de rechange et de quelques vivres abandonnées par probablement quelqu'un qui était parti sans se retourner. Ce qui préoccupait Thomas c'était l'état du malade qu'il retrouvait. Il n'avait rien vu qui pourrait remplacer ses bandages, ils devraient forcément se déplacer le lendemain matin en espérant qu'il ait bien fait son travail et qu'il n'ait pas d'infection d'ici là... L'autre homme était inconscient. Ce qui était plus ou moins rassurant, du fait que Thomas craignait une contamination par sa morsure à l'épaule. Il avait enfilé déjà le pantalon qu'il avait trouvé mais la chemise ne se fermait pas, il devrait faire avec. Il s'assit prudemment à côté de lui et déplia la couverture argentée et dorée pour lui passer, celle ci maintiendrait au moins sa température corporelle... Mais il était rudement froid. Thomas s'invita dessous et attendit un instant en observant les signes vitaux de Lys. Il avait l'air fiévreux mais frigorifié... Il aurait fallu qu'il mange, aussi il se risqua à tenter de le réveiller.
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